Par Zackaria MELLAG, responsable du pôle Europe & International de Lueurs Républicaines.
La géopolitique a battu son plein cette année, et elle ne l’a pas fait a moitié :
Le 1er janvier 2021, l’Union Européenne a perdu un de ses membres les plus actifs. L’Angleterre. L’accord ratifié par le Parlement Européen et britannique a mis fin aux échanges exclusifs que pouvait avoir l’Angleterre avec les pays membres de l’Union Européenne. Tout lui reste à reconstruire, en est-elle capable seule ? Lorsque l’on voit les dossiers sur la crise des migrants à Calais et la situation des pécheurs français dans la Manche, la question reste pleinement ouverte…
Près d’un mois après cette secousse, c’est de l’autre coté de l’hémisphère que la géopolitique prend place. En effet, le 1er février 2021 en Birmanie se passe un coup d’État. La figure du parti politique La Ligue Nationale pour la Démocratie est arrêtée par l’Armée. Le motif ? L’essor de ce mouvement politique déstabiliserait l’influence croissante de l’armée qui a une main mise sur le pays depuis des décennies.
Ainsi, même lorsqu’une mer est calme, ce qu’elle contient peut mener à des tensions. Le 31 mai 2021, les ministres des affaires étrangères turcs et grecs, Mevlüt Çavuşoğlu et Nikos Dendias, se sont rencontrés. L’objectif de cette réunion était de tenter de régler des soucis qui se déroulent en Mer d’Égée, datant des années 70. Les limites maritimes, l’extraction de gisements gaziers, l’espace aérien, les flux migratoires partant de la Turquie vers la Grèce… Tout un panel de sujets sur lesquels les deux pays ont tenté un à un d’appuyer leurs intérêts.
Admettant que la mer enrichit les pays l’avoisinant, elle est devenue en 2021 un chemin dangereux et incertain vers un potentiel meilleur cadre de vie. Vers un système politique stable. En effet, tout au long de l’année, en mer Méditerranéenne, de nombreuses personnes venant des côtes nord-africaines, notamment libyennes, ont tenté de rejoindre l’Europe par tout les moyens, l’Europe par tout ses pays. La Grèce, l’Italie ou encore la France sont les principaux refuges de ces clandestins les plus chanceux, de ceux qui ne font pas partie des plus de 20 000 naufragés et disparus.
Même si la propriété n’est pourtant pas monnaie courante en République Populaire de Chine, elle le devient dès lors que le sujet Taïwan arrive sur la table des négociations. Accusé d’abriter des terroristes, c’est bien la démocratie que Taïwan trouve en son sein. Président élu, mandat limité, une justice indépendante : voici tant de rouages démocratiques sur lesquels la Chine aimerait reprendre le dessus, le dessus sur sa dite province rebelle selon le porte parole du gouvernement chinois.
Si l’été était propice aux vacances et au recul du virus pour certains, pour d’autres c’est bien le recul des troupes américaines en Afghanistan qui a chamboulé la « quiétude » internationale. En effet, sous l’impulsion de l’administration du Président américain Joe Biden, l’armée américaine s’est retirée et a rebroussé chemin jusqu’à Washington. Ce retrait entraînant alors une recrue d’essence des talibans qui pendant près de 10 ans vivaient reclus dans les montagnes afghanes. Leur arrivée n’a finalement entraîné que des restrictions des libertés individuelles et fondamentales comme 10 ans auparavant et une chasse aux sorcières envers les traducteurs, interprètes et informateurs qui ont aidé les renseignements et les ambassades des pays présents lors de la période post-talibans. Nous nous souviendrons longtemps de ces images de femmes et d’hommes s’agrippant à un avion en plein décollage.
Mais il y a des affronts qui ne sont pas nés en 2021 et qui ne sont pas prêts d’être terminés ; c’est bel et bien l’essor territorial de la Russie. En 2014, lors de la Révolution Ukrainienne, elle prenait la Crimée pour acquise, son emprise territoriale était si forte que ses propres habitants, lors d’un référendum, étaient (presque) tous favorable à cette annexion. Se croyant alors invaincue, la Russie a tenté de reproduire cela avec l’Ukraine entière. La voyant réticente, c’est une sorte de guerre froide à moindre échelle qui se reproduit entre ces deux pays où le dialogue n’est plus de mise et où l’OTAN, les États-Unis et l’Union Européenne essayent tend bien que mal de calmer le tempérament russe et la colère ukrainienne.
La démocratie a donc beaucoup de détracteurs. On peut espérer que pour l’année 2022, ses sauveurs seront le dialogue pacifique et la diplomatie.