Lettre aux citoyens – Cette gauche républicaine, laïque et solidaire et qui ne se résigne pas. 

Force est de constater le revers significatif pour la France Insoumise et le Nouveau Front Populaire, qu’est la défaire du candidat imposé Lyes LOUFFOK, lors de l’élection législative partielle dans la première circonscription de l’Isère. Avec seulement 35,72 % des voix face à la candidate macroniste Camille Galliard-Minier (64,28 %), ce scrutin révèle non seulement les difficultés électorales de LFI, mais aussi les fractures internes à la gauche. Cette élection, est aussi marquée par une abstention massive (38,25 %), qui témoigne, une nouvelle fois, d’un désintérêt croissant des citoyens pour des stratégies partisanes qui divisent plus qu’elles ne rassemblent.

Une nouvelle fois, LFI a fait le choix d’imposer un candidat. Nous ne reviendrons pas sur l’engagement essentiel de Lyes LOUFFOK pour le droit des enfants placés, ni sur ses qualités personnelles. Mais cette élection n’est que le reflet malheureux, qu’il ne suffit pas d’être une personnalité connue nationalement pour gagner une élection, sans implantation locale. 

Ce jeu mortifère orchestré par LFI, qui consiste à marginaliser ses partenaires et à imposer ses propres candidats sans concertation réelle affaiblit non seulement le Nouveau Front Populaire, dont il se prétend le représentant ultime, mais aussi la capacité de la gauche à proposer une alternative crédible face à la droite et l’extrême droite. Pire, elle alimente son implantation durable dans le paysage politique. Cette stratégie d’hégémonie interne, qu’une partie de la gauche dénonce depuis le départ, couplée à une campagne insuffisamment ancrée dans les réalités locales, a conduit à un échec prévisible. 

À Roubaix, ville où se trouve mon engagement politique, la gauche roubaisienne a été victime de cette même tragédie. Avec une seule différence, c’est que le candidat a gagné sa circonscription et qu’il a décidé, après cette première victoire, de s’implanter durablement à Roubaix. Le plus drôle dans celle-ci, si l’humour nous est autorisé, c’est qu’il a gagné le soutien d’une partie de la gauche roubaisienne, en promettant, la main sur le cœur, aux acteurs locaux de ne pas briguer la mairie en 2026, mais plutôt de les y accompagner. Bien malheureux celles et ceux qui y ont cru. 

À l’époque, quelques forces de gauche, dont le Parti Socialiste roubaisien, là où – malgré les prises de distance ici ou là pour des désaccords idéologiques en 2014 puis lors du dernier congrès – s’est forgée mon engagement politique depuis mes 17 ans, a décidé de militer et soutenir cette candidature imposée par La France Insoumise.  Depuis le début, avec nombre de camarades, je me suis opposée à cette stratégie, qui ne servait que les intérêts d’un parti – La France Insoumise – et d’un seul homme – Jean Luc Melenchon. C’est ainsi que David Guiraud a profité de l’accord du Nouveau Front Populaire pour s’installer politiquement à Roubaix, sans même y avoir vécu une année pleine et entière. Cette tragédie politique se poursuit aujourd’hui, puisque le député s’est déclaré candidat à la mairie de Roubaix en 2026, sans tenir compte des forces présentes sur le territoire et considérant être le meilleur. Il a imposé son agenda politique à toutes les forces de gauche, en oubliant sans doute que les élections et les accords d’hier ne sont pas ceux de demain.

C’est tout le drame politique de cette ville. Je le constate depuis le début de mon engagement et c’est aussi ce qui a permis à la droite locale de pouvoir gagner en 2014 la ville : Roubaix a toujours été la victime des apprentis sorciers qui utilisent les appareils politiques pour pouvoir s’y implanter. Preuve en est, là où le député-candidat disait vouloir créer la surprise, construire, sortir des bassesses politiques et des tractations insensées propres à Roubaix, tombe dans ce panneau en s’entourant de celles et ceux qui ont permis la victoire de la droite en 2014 du fait des divisions de la gauche. 

La politique ne devrait pas être qu’une affaire d’égo. Elle ne devrait pas être non plus un pari sur l’avenir. Je lisais dernièrement les propos d’une lectrice de la Voix du Nord présente mardi soir à la cérémonie des vœux du Maire de Roubaix, qui s’agaçait de l’absence dans le discours de celui-ci, du taux de pauvreté très important à Roubaix. Un agacement que je partage, lorsque l’on sait que Roubaix, est, selon le dernier rapport de l’Observatoire des inégalités, la première ville la plus pauvre de France. Une réalité que chacun devrait garder en tête lorsqu’il décide de s’engager dans cette ville. La décence voudrait même que chaque élection ne soit pas un bis repetita de 2014, et plus particulièrement dans une ville où 46% de sa population vit sous le seuil de pauvreté. Un taux nettement supérieur à la moyenne nationale de 14,9% et à celle du département du Nord qui s’élève de 19,5%. Avec des conséquences importantes pour le quotidien des roubaisiens tant sur le plan des inégalités, que sur le plan éducatif où la quasi-totalité des écoles publiques sont confrontées à des difficultés sociales majeures.

Être Maire d’une ville de près de 100 000 habitants, c’est une énorme responsabilité. Le temps n’est plus aux querelles intestines ou aux cabales partisanes : il est aujourd’hui urgent de reconstruire un projet commun qui soit à la hauteur des besoins de la ville ! Les défis sociaux, écologiques et sécuritaires que nous connaissons sont nombreux, il nous faudra y apporter des réponses à tous les niveaux dont localement ! 

Alors, ensemble faisons de Roubaix un renouveau ! 

Ensemble, retrouvons une gauche qui ne se résigne pas !

Sarah Haddi 

Vice-Présidente 

Lueurs Républicaines

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