Par Baptiste MÉNARD, Président de Lueurs Républicaines ; Sarah HADDI, co-responsable du pôle Démocratie ; Zackaria MELLAG, responsable du pôle Europe & International.
Chaque jour depuis des mois, les mots du candidat de l’extrême droite, Eric Zemmour, se diluent sans filtre dans la société et ont fini par atteindre nos consciences ! Chaque jour, l’on se demande quand cessera-t-il d’asséner ses mensonges comme des vérités absolues. Chaque jour, nous nous interrogeons en tant qu’enfants issus de la diversité – comme on aime à nous définir : serons-nous un jour considérés autrement que par ce que l’on voit de nous, nos origines et nos histoires communes ? Chaque jour, l’angoisse grimpe face aux discours haineux, à la violence des propos diffusés sur toutes les chaines, les radios, les réseaux sociaux… Mais l’on se rassure tant bien que mal en se disant que cela n’est que le fait d’un trouble-fête.
Pourtant, chaque jour, nous faisons le constat que les idées nauséabondes de l’extrême droite gagnent notre société et que le voisin, le collègue, l’ami, finissent par acquiescer et applaudir les mensonges entendus à la télévision. Tout en nous assurant que « nous », nous ne sommes pas comme « eux ».
Alors qui sommes-nous ?
Nous nous appelons Sarah, Baptiste et Zackaria. Nous sommes selon Eric Zemmour deux arabes et un noir. En réalité, nous sommes bien plus que cela : nous sommes français. Cette mélodie a pourtant fini par s’installer dans notre inconscient et nourrir le syndrome de l’imposteur qui nous habite et que l’on cesse de combattre. Alors, nous nous demandons si nous avons notre place dans l’idéal de société que prône Eric Zemmour, et bien d’autres avant-lui ?
Nous sommes d’ici et là, des jeunes français, issus de la diversité, engagés sur plusieurs plans car nous cultivons l’idée qu’être français c’est avoir le souci de l’autre et être conscient de la chance que nous avons de pouvoir jouir des droits et libertés dont se réclament le pays des Lumières. Devrons-nous continuellement justifier, au-delà de notre apparence, que nous sommes des citoyens français ?
Nous nous engageons de différentes manières pour construire une société meilleure où le mieux vivre ensemble est un objectif.
Pourtant les discours de haine, populistes, ont fini par nous atteindre, parce que ceux que l’on pointe du doigt nous ressemblent.
A tous les accidentés de la vie, à celles et ceux qui n’ont pas déjoué le déterminisme social par lequel on nous définit, vous n’êtes pas rien. Vous n’êtes pas ce que l’on dit de vous, vous êtes tellement plus que cela.
Nous ne nous habituerons jamais aux mensonges de l’extrême droite qui se nourrissent de la colère et la peur des gens pour faire des arabes et noirs les boucs-émissaires de la société. Nous ne sommes pas et ne serons jamais des citoyens de seconde zone.
Cette spirale de violence qui se propage dans la société doit cesser au plus vite car elle laissera – si ce n’est déjà fait – des traces indélébiles dans les consciences et brisera la confiance de bons nombres citoyens français en leur pays.